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Plan cancer

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Cancer et radiologie

La Commission d'Orientation sur le Cancer, constituée à la demande du Président de la République, vient de remettre son rapport. Très bien structuré, fourmillant de données intéressantes, ce rapport a le grand intérêt d'aborder la question du cancer de façon globale. Il propose en outre un projet très ambitieux, associé à des objectifs structurants dont certains effets ne seront cependant perceptifs qu'à moyen ou long terme. Il est important que les Radiologues prennent conscience de l'enjeu que présente un tel rapport car ils sont impliqués à plus d'un titre.
Il est bon de souligner, dans l'analyse des forces et des faiblesses sur la prise en charge du cancer en France, que la grande accessibilité de notre système de soins, notamment pour le dépistage de certains cancers (cancer du sein), est considérée comme un facteur très positif, et non seulement à préserver mais aussi à développer. Les faiblesses pointées sont assez faciles à deviner puisqu'y figure en bonne place l'inégalité de prise en charge des cancers en relation avec des moyens technologiques insuffisants (équipements lourds) mais également du fait d'un savoir-faire médico-social inhomogène.
Les propositions qui découlent de ces constats sont intéressantes dans quatre domaines essentiels :
- renforcer l'épidémiologie au travers de l'Institut National de Veille Sanitaire,
- « régionaliser » la prévention primaire pour la renforcer, en impliquant les acteurs locaux (Médecins généralistes, Médecins scolaires, Médecine du Travail),
- renforcer la recherche (biologie et génomique fonctionnelle, recherche clinique, épidémiologie),
- améliorer la qualité des soins.
Dans cette dernière proposition, plusieurs actions sont recommandées et notamment la mise à disposition de moyens diagnostiques et thérapeutiques dans les domaines défaillants (équipements lourds), y compris les ressources humaines.
La proposition la plus structurante est la création d'un Institut National du Cancer auquel seraient rattachés six cancéropoles ; parmi ses nombreuses missions, cet Institut devrait informer le public, et aurait des missions de recherche et d'expertise. En outre, cet Institut aurait le rôle de coordonner la recherche sur le cancer au plan national et surtout de fournir des moyens de gestion des grands essais cliniques (exemple : le dépistage du cancer du poumon par scanner pourrait être concerné).
Ce rapport préfigure ce que pourrait être la structuration de la prise en charge des cancers dans notre pays ; le rôle des radiologues, notamment du secteur libéral, est clairement reconnu pour la prise en charge du dépistage du cancer du sein, l'insuffisance des équipements lourds et des ressources humaines est explicitement mentionnée, la prise en charge par l'Institut National du Cancer de grands essais cliniques rejoint nos préoccupations, et c'est avec satisfaction que la contribution de la SFR ( http://www.sfrnet.org ) a été intégrée dans la rédaction de ce rapport. La volonté de régionaliser l'organisation de la prise en charge du cancer, d'y associer des guides de bonnes pratiques, et des agréments pour certaines activités montrent que notre discipline doit s'intéresser à ce rapport et à son développement, non seulement au travers d'une approche nationale, mais aussi d'une approche régionale.

Guy Frija


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